On y joue ? Neon White, le FPS de speedrun qui est devenu mon obsession
Un FPS de speedrun basé sur des cartes par les créateurs de Donut County. Neon White transforme chaque niveau en puzzle dont la réponse est toujours 'plus vite.' Il m'a fallu 20 heures pour le finir et 40 de plus pour traquer chaque raccourci.
C’est quoi ?
Neon White est un jeu de speedrun en vue subjective développé par Angel Matrix et édité par Annapurna Interactive. Il est sorti le 16 juin 2022 sur Steam et Nintendo Switch, avant d’arriver sur PlayStation et Xbox. Il coûte 24,99 $.
Le concept est simple : vous incarnez White, un tueur de démons extrait de l’Enfer pour participer à un tournoi au Paradis. Éliminez les démons dans des niveaux courts le plus vite possible. L’astuce, ce sont les cartes d’âme qui servent d’armes. Vous pouvez tirer normalement, ou vous pouvez défausser la carte pour obtenir une capacité de mouvement. Une carte pistolet donne un double saut. Une carte fusil à pompe permet un plongeon au sol. Une carte fusil vous propulse en avant. Chaque niveau devient un puzzle instantané : garder l’arme ou la sacrifier pour grappiller une seconde ?

Le jeu affiche un 89 sur Metacritic et une note Extrêmement Positive sur Steam avec plus de 16 000 avis. Il a été nommé pour le Meilleur Jeu Indépendant et le Meilleur Premier Jeu Indé aux Game Awards 2022.
Pourquoi y jouer
Le mouvement est parfait. Je n’utilise pas ce mot à la légère. Le système de défausse de cartes impose en permanence des micro décisions entre utiliser une arme pour le combat ou pour le déplacement. Une fois le langage assimilé, les niveaux qui prenaient 45 secondes passent à 12. Cette progression de la maladresse au vol pur est l’une des meilleures sensations du jeu vidéo.
Le level design est chirurgical. Chaque niveau a un temps or, puis un temps as, puis un temps développeur. Chaque palier oblige à trouver de nouvelles routes, de nouveaux raccourcis, de nouvelles façons d’enchaîner les défausses. Un niveau qu’on croyait résolu s’ouvre complètement quand on réalise qu’on peut défausser deux cartes en l’air pour sauter une section entière. Il y a plus de 90 niveaux et aucun ne fait remplissage.
L’histoire est étonnamment bonne. Les segments visual novel anime entre les missions semblaient être quelque chose que j’allais passer. Je ne les ai pas passés. L’écriture est percutante, drôle, et parfois sincèrement touchante. Le casting d’assassins de l’au delà est mémorable. L’intrigue amnésique de White va dans des directions inattendues. Si vous avez joué à Donut County, le précédent jeu du designer Ben Esposito, vous savez qu’il sait écrire des personnages avec de la personnalité.

Le facteur “encore un run” est inégalé. Les niveaux durent 15 à 90 secondes. Le redémarrage est instantané. Le classement mondial est toujours là, provocant. Je ne peux pas compter le nombre de fois où je me suis dit “un dernier essai” à une heure du matin. Neon White est dangereusement addictif, dans le meilleur sens du terme.
Pourquoi peut-être pas
Le style visual novel anime divise. Si vous ne supportez vraiment pas les designs de personnages anime, les dialogues doublés et les mécaniques de cadeaux relationnels, une partie du jeu va vous agacer. On peut passer les cinématiques, mais on rate une histoire que la plupart des joueurs reconnaissent comme meilleure que prévu.
La courbe de difficulté devient raide. Les deux derniers chapitres et les défis post-game demandent une précision sérieuse. Si répéter la même séquence de 20 secondes des dizaines de fois pour gagner 0,3 seconde vous frustre, la fin du jeu n’est pas pour vous. La campagne principale reste très accessible, cependant. La souffrance est optionnelle.
C’est une expérience solo. Pas de multijoueur, pas de coop. La compétition se fait uniquement via les classements en asynchrone. Si vous avez besoin d’un aspect social dans vos jeux, Neon White, c’est vous contre le chrono et rien d’autre.
Mon avis
Je m’attendais à un FPS indé correct. Neon White a fini dans mon top 10 de tous les temps. Le système de cartes est une de ces idées qui paraissent évidentes après coup. Bien sûr qu’on devrait pouvoir sacrifier une arme pour une capacité de mouvement. Bien sûr que ça crée la boucle risque/récompense la plus satisfaisante imaginable.
Ce qui m’a vraiment surpris, c’est à quel point je me suis attaché aux personnages. Le doublage (avec Steve Blum, SungWon Cho et d’autres) sublime des scènes qui auraient pu être anecdotiques. Et le système de cadeaux, où l’on trouve des présents cachés dans les niveaux pour les offrir aux personnages et débloquer des missions annexes, m’a poussé à explorer chaque recoin de chaque niveau bien après avoir tout terminé en as.

Si vous avez la moindre affection pour le speedrun, les plateformers en vue subjective ou les jeux où la maîtrise est sa propre récompense, jouez à Neon White. Il mérite chaque éloge qu’il reçoit.
Écrit par
Florian HuetDev iOS le jour, dev de jeux indé la nuit. J'essaie de donner vie à GameDō Studio.
Je fais des jeux et je parle de ceux auxquels je n'arrive pas à décrocher.