Test de Hollow Knight : Le Metroidvania qui a redéfini le genre
Le premier jeu de Team Cherry a transformé un genre en déclin en un genre florissant. Sept ans plus tard, Hollow Knight reste la référence à laquelle tout metroidvania est comparé.
Il y a un moment, peut-être dix heures après le début de Hollow Knight, où l’on réalise qu’on n’a aucune idée de la taille réelle du jeu. On a exploré ce qui semblait être l’équivalent de trois jeux entiers en grottes et cavernes, affronté une douzaine de boss, et débloqué des capacités qui transforment complètement la façon de se déplacer. Puis on découvre une nouvelle entrée, on plonge dans un vaste lac souterrain, et la carte révèle qu’elle fait le double de ce qu’on imaginait.
Ce sentiment de grandeur ne cesse jamais d’impressionner.
Qu’est-ce que Hollow Knight ?
Hollow Knight est un jeu d’action-aventure en 2D qui se déroule dans le royaume insecte déchu de Hallownest. On incarne le Chevalier, un petit guerrier silencieux qui descend dans un monde souterrain tentaculaire peuplé de créatures hostiles, de secrets anciens et de survivants éparpillés. On explore, on combat, on trouve des améliorations qui ouvrent de nouvelles zones, et on reconstitue petit à petit ce qui est arrivé à cette civilisation.
Si vous avez déjà joué à un metroidvania, la structure vous sera familière. Ce qui distingue Hollow Knight du reste, c’est la qualité d’exécution de chaque élément.
Le monde est la véritable vedette
Hallownest est l’un des univers de jeu les mieux réalisés jamais créés. Chaque zone possède une identité propre. Les Chemins oubliés ressemblent à une route en ruines. Vertchemin est luxuriant et envahi par la végétation. La Cité des Larmes voit la pluie tomber sans fin depuis un lac en surplomb, avec des lampadaires projetant leurs reflets sur les pavés mouillés. Nid-profond est un cauchemar claustrophobe de toiles d’araignées et d’obscurité qui met véritablement mal à l’aise.
Les transitions entre les zones sont parfaitement fluides. Pas d’écran de chargement, pas de menu de sélection de niveau. On passe simplement d’une zone à l’autre en marchant, et la musique évolue, la palette de couleurs change, les ennemis deviennent tout autres. Cela crée une immersion que très peu de jeux parviennent à atteindre.

Un combat qui récompense la patience
Le combat commence simplement. On dispose d’un aiguillon (épée), d’un dash et d’un soin. Les ennemis télégraphient clairement leurs attaques, et le retour de frappe est précis. Les premiers affrontements enseignent le rythme : esquiver, punir, soigner dans les fenêtres d’opportunité.
Puis le jeu ajoute des couches de complexité. Les charmes modifient votre build. Certains étendent la portée de l’aiguillon. D’autres permettent de tirer des projectiles. D’autres encore récompensent le jeu agressif avec un soin plus rapide. Certains sont purement défensifs. Le nombre d’emplacements de charmes (appelés Encoches) est limité, ce qui fait de chaque configuration un ensemble de compromis. Les builds se distinguent véritablement les uns des autres.
Les combats de boss sont là où ce système brille. Hollow Knight compte plus de 40 boss, et les meilleurs figurent parmi les plus réussis du genre. Hornet est rapide et lit vos schémas. Les Seigneurs Mante sont un modèle de difficulté équilibrée. Les Chevaliers Veilleurs punissent la gourmandise. Chaque boss vous apprend quelque chose, et la satisfaction de lire parfaitement son moveset est immense. Si vous êtes développeur et que vous êtes curieux de savoir ce qui rend ce type de combat si efficace, notre guide de l’équilibrage du combat détaille les principes de design derrière ce genre de rencontres.
L’exploration dans ce qu’elle a de mieux
Le système de carte est d’une ingéniosité rare. On ne commence pas avec la carte de chaque zone. Il faut trouver Cornifer, un cartographe PNJ caché quelque part dans chaque secteur, et lui acheter son ébauche incomplète. Ensuite, on complète le reste soi-même au fil de l’exploration. Il faut aussi acheter des épingles et équiper un charme boussole pour voir sa propre position.
Cela signifie que les premières explorations d’une nouvelle zone sont réellement désorientantes. On navigue à la mémoire et à l’instinct jusqu’à trouver Cornifer. Sur le papier, ça semble frustrant, mais en pratique, cela crée de véritables moments de découverte. Quand on finit par retrouver ses repères et comprendre comment les salles se connectent, la satisfaction est réelle.
La progression des améliorations est parfaitement rythmée. La Griffe de Mante (saut mural) ouvre des zones verticales qu’on observait depuis des heures. Le Cœur de Cristal (dash horizontal) permet de franchir des gouffres qui bloquaient des zones entières. La Larme d’Isma permet de nager dans les lacs d’acide. Chaque capacité agrandit le monde sans rendre les zones précédentes obsolètes.

La direction artistique et la musique
Le style dessiné à la main de Hollow Knight est magnifique. Chaque personnage, chaque arrière-plan, chaque image d’animation a été dessiné par une seule personne (Ari Gibson), et la cohérence de la vision est remarquable. Le design du Chevalier est iconique précisément parce qu’il est simple. Deux cornes, deux yeux, une petite cape. On peut le dessiner de mémoire après une seule session.
La bande-son de Christopher Larkin mérite un paragraphe à part entière. Le thème de la Cité des Larmes est d’une beauté envoûtante. La musique des Seigneurs Mante est urgente et précise. Celle de Vertchemin est chaleureuse et accueillante. Nid-profond n’a presque pas de musique du tout, juste des sons ambiants de pattes qui grattent, ce qui est plus efficace que n’importe quelle bande-son. La musique ne se contente pas d’accompagner le monde. Elle le définit.
Un contenu démesuré
Hollow Knight est sorti à 15 $. Pour ce prix, on obtient 40 à 60 heures de contenu lors d’une première partie. Team Cherry a ensuite publié quatre extensions gratuites ajoutant de nouveaux boss, des zones inédites et un mode défi complet en fin de jeu (le Panthéon des Dieux). Le dernier DLC, Godmaster, a ajouté un marathon de boss qui mettra à l’épreuve même les joueurs les plus aguerris pendant des dizaines d’heures supplémentaires.
L’ensemble du contenu représente l’un des meilleurs rapports qualité-prix du jeu vidéo. Il n’y a tout simplement pas d’autre façon de le formuler.
À qui ce jeu ne conviendra pas
Hollow Knight ne vous prend pas par la main. Le système de carte implique que vous vous perdrez. Le jeu ne vous dit pas où aller ensuite. Certains boss nécessitent des dizaines de tentatives. Le backtracking est significatif, surtout en milieu de partie quand on cherche la prochaine amélioration.
Si vous avez besoin d’être constamment guidé avec des objectifs clairs, Hollow Knight vous semblera sans direction. Le jeu vous fait confiance pour explorer, expérimenter et trouver votre propre chemin. Pour certains joueurs, cette confiance est perçue comme un flou frustrant. Des événements comme le Steam Next Fest sont parfaits pour découvrir de nouveaux metroidvanias qui s’inspirent de ce que Hollow Knight a initié.
Les premières heures sont aussi plus lentes que le reste du jeu. Avant de débloquer le dash et le saut mural, les déplacements semblent limités. Persévérez dans cette première section. Le jeu s’ouvre considérablement dès que l’on possède deux ou trois capacités.
Pour résumer
Hollow Knight a établi la référence pour les metroidvanias lors de sa sortie en 2017. Sa suite, Hollow Knight: Silksong, est finalement arrivée en septembre 2025 sous les applaudissements unanimes de la critique, avec un 90 sur Metacritic, plus de sept millions de copies vendues et le prix du Jeu de l’Année aux Steam Awards. Le salon GDC 2026 promet encore plus de jeux inspirés par ce que Team Cherry a construit. Le level design est extraordinaire. Le combat est précis et profond. La direction artistique et la musique créent une atmosphère qui reste en tête longtemps après avoir fermé le jeu. Le volume de contenu proposé à ce prix frôle la générosité absurde.
Si vous avez le moindre intérêt pour les jeux d’action, les jeux d’exploration ou les univers magnifiquement conçus, Hollow Knight est incontournable. Il a mérité sa réputation comme l’un des meilleurs jeux indépendants jamais réalisés.
Note : 9.5/10
Hollow Knight est disponible sur Steam au prix de 14,99 $. Également disponible sur Nintendo Switch, PlayStation 4 et Xbox One.
Écrit par
Florian HuetDev iOS le jour, dev de jeux indé la nuit. J'essaie de donner vie à GameDō Studio.
Je fais des jeux et je parle de ceux auxquels je n'arrive pas à décrocher.